Les limites du système d’enseignement traditionnel.

Le système d’enseignement traditionnel tourne relativement bien. C’est un système qui a fait ses preuves, et la préparation des jeunes est satisfaisante (pour affronter des études supérieures). En tant qu’adulte et peut-être parent, vous êtes passés par ce système traditionnel et vous lui faites confiance, comme vos parents lui ont fait confiance par le passé. Et ils avaient raison !

Néanmoins ce système arrive progressivement à ses limites. Alors pourquoi cela?

Et bien tout simplement car les technologies de l’information et de la communication on fait d’énormes progrès ces dernières années. En même pas dix ans, l’accessibilité à Internet s’est généralisé partout dans le monde, et dans les pays développés on a même vu fleurir dans nos poches des appareils capables de nous fournir toute cette information mondiale rapidement et en quelques glissements de doigts.

Internet et les jeunes

Internet et les jeunes

Un fossé s’est alors créé de plus en plus entre les milieux scolaires (encore trop souvent réfractaires à ces nouvelles technologies) et le lieu de vie des élèves. A la maison les élèves pouvaient téléphoner à leurs amis, jouer sur l’ordinateur (parfois sans limites), mais aussi rechercher sur internet, communiquer des documents par e-mail, etc. L’utilisation de cette forme d’information (Internet) a évolué vers des extrêmes totalement opposés. J’entends par là que les élèves ont perdu leurs repères face à cette masse infinie d’information, et ont commencé à l’utiliser de plus en plus à mauvais escient. Sans l’accompagnement d’un adulte beaucoup d’élèves (et parfois les plus brillants d’entre eux) se sont laissés piéger malgré eux par le côté obscur du système.

Selon moi, le milieu scolaire a aujourd’hui un nouveau rôle à jouer, dans l’éducation à ces nouvelles technologies. Mais où trouver les heures pour expliquer tout cela aux élèves? Et qui peut les aider à s’y retrouver dans ce monde hyper-connecté?

Les réponses à ces questions sont toutes simple et que les ressources nécessaires existent déjà.

Pourquoi n’utiliserions nous pas internet pour diffuser nos cours et gagner du temps pour guider les élèves en classe? Au fond, avec très peu de moyens on peut actuellement réaliser une vidéo de son cours. C’est d’autant plus vrai que des milliers de vidéos sont déjà en ligne sur des plateformes telles que Youtube et qu’il suffit juste de guider les élèves vers les bonnes ressources.

Maintenant cela demande une certaine forme d’adaptation, de la part du professeur et surtout de la part de l’élève. Concernant les professeurs, les plus réfractaires ont en effet peur de perdre leur emprise sur le savoir. Il faut pourtant se rendre à l’évidence, à l’heure d’Internet ils ne sont plus les garants du savoir. Par contre, et j’insiste sur ce point, ils restent les garants de la bonne compréhension et de la bonne interprétation de ces savoirs. Enfin concernant les élèves, ceux ci se montrent bien plus motivés et actifs quand leurs cours s’inscrivent dans leur vie de tous les jours et surtout qu’ils y trouvent du sens.

Qu’est ce qu’une pédagogie inversée?

Quand j’ai entendu pour la première fois un de mes collègues parler du concept de classe inversée, je me suis demandé ce qu’il pouvait bien vouloir inverser dans sa classe… J’avais créé à l’époque un cours qui commençait à bien prendre forme et je n’avais pas envie de devoir tout recommencer à la base… J’ai donc abandonné l’idée. Néanmoins, progressivement poussé par la recherche de sens à donner à mon cours, j’ai du me rendre à l’évidence que les intérêts de mes élèves en classe étaient bien loin de mes préoccupations d’enseignant en géographie.

Salman Khan

Salman Khan

Un ouvrage en particulier à fait chavirer ma conception de l’enseignement. Il s’agit du livre de Salman Khan « L’Éducation Réinventée ». Grâce à ce livre, j’ai compris que le système qui m’avait formé et éduqué a de moins en moins de sens aujourd’hui, et que ça ne sert à rien de vouloir à tout prix le perpétuer. Il est en effet temps de passer à autre chose de plus motivant pour les élèves et pour moi.

L’idée principale de la pédagogie inversée est la suivante : Pouvoir aider les élèves quand ils en ont le plus besoin, c’est à dire, quand ils font des tâches complexes. Le reste du temps l’élève peut très bien se débrouiller tout seul ! Par exemple :

  • Ecouter un cours donné par vidéo, prendre des notes par rapport à cette vidéo, poser des questions sur un site internet (forum), s’auto-évaluer sur des questionnaires en ligne, etc. Autant de tâches simples qui ne demandent pas la présence physique de l’enseignant à côté de l’élève. Pourtant l’écoute d’un professeur et la prise de notes de son cours se font traditionnellement … à l’école …
  • Par contre rédiger une dissertation, faire une carte schématique d’un pays, résoudre une équation différentielle, calculer la masse molaire d’une molécule, traduire un texte de Homère, etc. Toutes ces tâches demandent une maîtrise avancée des concepts vus au cours et ne sont pas forcément acquis immédiatement par les élèves. A ce moment précis, la présence de l’enseignant est nécessaire! Pourtant la plupart du temps ces tâches complexes sont demandées à la maison, ou en évaluation directement après qu’elles aient été exposées.

Vous l’aurez compris, cette pédagogie inverse ce processus d’apprentissage.

  • En classe : les élèves font des exercices dirigés, posent des questions au professeur, s’entraident, repassent les parties de vidéo qu’ils ont mal assimilées, s’auto-évaluent, etc. Le tout à leur rythme et dans une ambiance plus détendue. Si ils estiment avoir travaillé suffisamment le cours en question, ils peuvent avancer dans d’autres cours, pour libérer ainsi du temps le soir pour d’autres activités. Enfin, si ils le souhaitent, ils peuvent aussi faire évoluer un projet personnel ou par groupe. Le tout étant guidé par l’enseignant.
  • A la maison ou ailleurs : Ils regardent leur vidéo hebdomadaire, prennent des notes et si ils ont le temps, s’auto-évaluent sur les questionnaires en ligne. A la veille d’une évaluation, ils peuvent ainsi revoir la partie de la matière qui est la plus mal assimilée.

Témoignages

Cette nouvelle pédagogie fait maintenant partie de nombreux projets d’établissements scolaires à travers le monde et est utilisée par plusieurs dizaines de milliers de professeurs. Désormais, avec toute cette expérience, nous disposons de suffisamment de recul pour juger les bienfaits de cette méthode.

Si vous souhaitez lire quelques témoignages concernant ce modèle de cours, en application aussi bien au collège que dans l’enseignement supérieur, je vous renvoie vers le site dédié à la classe inversée créé par un confrère français Florent Berthet : www.classeinversee.com.

Capture d’écran 2014-10-16 à 19.49.21

Questions fréquemment posées (FAQ)

Là aussi, pas la peine de dédoubler les informations à ce sujet, le plus simple est de vous renvoyer vers la page dédiée à cela du site de Florent Berthet :

www.classeinversee.com/faq

Il y a cependant une question qui revient souvent et qui n’est pas reprise dans le lien précédent:

Cette méthode ne va elle pas monopoliser plus de temps à mon enfant le soir? 

De manière générale non. Mais une réponse précise à cette question n’est pas simple. En fait ça dépend de l’élève. Si il sait s’organiser par rapport aux cours inversés alors il gagnera du temps. Par exemple certains élèves regardent les vidéos dans le bus en rentrant de l’école (ils les enregistrent sur leur smartphone). D’autres préfèrent regarder ces vidéos en classe et poser directement leurs questions. Evidemment avant 16 ans beaucoup d’élèves ne savent pas vraiment s’organiser. Le temps disponible en classe peut alors servir à cela. Mais il faut bien sur que les élèves concernés soient demandeurs, sinon ça peut vite devenir chronophage effectivement.

 

 

 

sougnezPédagogie inversée